MOI ET RIEN

Kitty Crowther

Présentation Présentation possible du livre
Déroulement du livre Aides envisageables
Difficultés possibles pour les enfants Sujets pouvant être abordés à partir de cet ouvrage
Textes / images Bas de page
 
Ce livre très intimiste évoque l’absence d’un être cher, la mort, les réactions face à un décès. Il ne pourra être étudié en groupe classe qu’après avoir pris garde que ce sujet ne heurte pas la sensibilité. Il sera peut-être plus adapté à d’autres formes de lectures : lecture en ateliers, lecture individuelle…
 
Présentation (document d’application des programmes littérature cycle 3) :
« Ici il n’y a rien. Si, il y a moi. Rien et Moi. Rien s’appelle Rien. Il vit avec moi, autour de moi ». Ainsi commence la narration de Lila, la jeune héroïne. Qui, comme le dit le texte, plus loin, se crée ainsi un ami, à partir de rien, un « ami qui sortait de son imagination », précise-t-elle. Rien figure d’ailleurs à l’image, personnage à part entière qui initie Lila à la magie de la nature : à partir d’une petite graine, presque rien, on peut faire naître un arbre. En fait, ce rien dissimule une absence : la mère est morte récemment, et le père ne s’en est pas remis. La fin, réparatrice, est surprenante. Cet album peut faire partie d’un réseau sur la mort d’un proche, ou d’un réseau sur l’ami imaginaire. Du point de vue de l’énonciation, on pourra également étudier le mélange de narration à la première personne et de narration à la troisième personne, rare en littérature de jeunesse.
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Déroulement du livre :
Rien apparaît comme une image de la mère décédée qui va évoluer tout au long du récit : du rien lourd de douleur au rien riche de bons souvenirs.
- 1ère page du récit : Le personnage dessiné présente un personnage invisible : « Rien ». Evocation de papa puis de maman à l’imparfait
- Pages 2, 3, 4 : Le personnage dessiné raconte quelques épisodes quotidiens de sa vie. On apprend que papa et la petite fille ont des soucis.
- Page 5 : la petite fille évoque un « avant » avec des fleurs aux noms extraordinaires
- Pages 6 et 7 : Rien et Lila font pousser une graine d’une façon plutôt « merveilleuse ».
- Pages 8 et 9 : Lila et Rien récupèrent les graines des fleurs aux noms extraordinaires : retour dans le passé heureux
- Pages 10, 11, 12 : Lila fait son travail de deuil et prend de la distance par rapport à Rien. Elle renvoie le Rien douloureux pour assumer seule l’absence.
- Pages 13, 14, 15 : Elle vit seule durant tout l’hiver ( saison froide et triste qui correspond à son travail de deuil). Après un signe annonçant le printemps donc le renouveau, Lila décide de planter les graines et apprivoise le temps qui passe. Elle accepte enfin l’absence en retrouvant Rien car la vie continue. C’est le Rien image positive de la mère qui ouvre l’avenir.
- Pages 16, 17, 18, 19 : papa découvre les fleurs et un lilas nouvellement poussé, il retrouve sa petite fille. La vie reprend le dessus : vie végétale et vie affective.
- Pages 20 et 21 : La mère reprend une place dans l’univers familial (mentalement et affectivement). C’est le rien qui fait tout.
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Difficultés possibles pour les enfants :
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L’utilisation du mot « rien » : Qu’est-ce que rien (Rien) ? Peut-on représenter rien (Rien) ? Pourquoi utiliser le mot rien (Rien) ? Quand Rien représente-t-il le personnage imaginaire, quand est-il pronom indéfini ?
- L’implicite dans le récit : il n’est jamais écrit de façon explicite que la maman est morte.
- Le personnage Rien : qui est-il ? A quoi sert-il ? Quels sont les rapports entre Lila et Rien ? Comment ces rapports évoluent-ils ?
- L’utilisation du temps des verbes (imparfait / présent)
- Récit à la première personne avec une narration à la troisième personne quelquefois : changement d’énonciation et passage du narratif au dialogue.
- Le texte est dactylographié comme un journal qui ne serait pas rédigé régulièrement.
- Interprétation de la dernière page de l’album : qu’a laissé la mère dans la boîte ? Rien ? rien ? un souvenir heureux ?

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Textes / images :
- La lecture des images donne autant d’éléments d’informations que la lecture du texte  Ex : Rien est évoqué, il n’est jamais décrit, c’est l’illustration qui le représente  Ex : Le « grand débarras » est un terme trop vague pour prendre en considération la situation. C’est l’illustration qui nous renseigne sur le lieu véritable.
- Les illustrations ressemblent à des dessins d’enfant. La typographie du texte fait référence à une époque ancienne.
- Certaines illustrations comportent des légendes d’autres des commentaires. Les couleurs choisies (marrons / ocre / verts) sont froides, elles font référence à un sentiment de tristesse mais également à la terre et à la nature.
- Il existe certaines disproportions dans les dessins par rapport à la représentation spatiale, à la taille des personnages. Cela peut donner à penser que les dessins sont effectivement réalisés par un enfant, on peut également interpréter cette représentation comme une ouverture vers un monde irréel.
- La mise en page n’est pas homogène : souvent 2 illustrations et textes dans une même page, parfois une seule avec primauté à l’image et enfin image pleine page avec texte pleine page à la fin.
- 2 histoires sont menées en parallèle : le vécu de la fillette et la façon de réagir du papa

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Présentation possible du livre
Récit écrit et illustrations peuvent être dissociés dans un premier temps de présentation afin d’amener les élèves à une interprétation qui sera enrichie par l’apport du texte ou de l’image.
On peut envisager une présentation en 4 temps :
1.Du début de l’histoire jusque « Mais ça c’était avant » pour s’interroger sur ce qu’était « l’avant », ce qu’est le présent
2.Jusque «…  crois-tu que maman était une princesse ? » pour mettre en valeur l’image de la mère disparue
3.Jusque « … les fleurs ont poussé » pour identifier la période critique de Lila dans le besoin de faire son deuil
4.Jusqu’à la fin du récit pour percevoir les parcours des personnages pour faire leur deuil et appréhender la nouvelle image de la mère.

  1. Présentation de la première de couverture pour mettre en relation texte et image. On insistera sur le rôle du « et » dans le titre. On abordera les premières hypothèses pour essayer de savoir qui est « moi », qui est « Rien ». Exploitation des interprétations des élèves en observant les pages de garde, de faux titres puis de titre. Commentaires sur l’ambiance crée par les illustrations. Lecture orale ou silencieuse du texte jusque « Mais ça c’était avant » sans l’illustration dans un premier temps. Certaines phrases semblent intéressantes pour les échanges  : ex : « Rien n’est important si Rien reste avec moi »
  2. Le texte présenté seul permettra de mettre en valeur les caractéristiques des parents de Lila : - Une maman qui plante des graines, qui « fait tout à partir de rien », qui fait preuve de patience, qui sait raconter des histoires merveilleuses. On pourra s’interroger comme Lila et se demander si elle était une princesse ? - Un papa jardinier qui travaille dans un autre domaine, dans un château, dont il faut expliquer les activités. Un papa qui rentre tard, qui se cogne aux arbres (où regarde-t-il ?à quoi, pense-t-il ?). Un papa qui n’aime pas que Lila touche aux graines du débarras (on se demandera pourquoi). Les illustrations apporteront quelques précisions sur les lieux (essentiellement le grand débarras)
  3. Pour évoquer la phase d’introspection de Lila on pourra cette fois présenter les illustrations avant le texte. Les illustrations évoquent la séparation entre Lila et Rien (Lila détourne son regard), le bleu-gorge et la plantation de graines, des retrouvailles chaleureuses entre Rien et Lila. L’apport du texte mettra en valeur la phase dépressive de Lila et la décision de planter des graines avec soin. De plus on pourra s’interroger sur la présence du lilas, une renaissance de Lila ?
  4. La présentation de la fin du récit peut également être évoquée uniquement par les illustrations dans un premier temps. La présence du châtelain peut être vue comme une aide pour le père à ouvrir les yeux et à regarder le jardin. Il peut également représenter une personne en demande qui oblige le papa à s’interroger. La boîte présentée à la fin du récit pose question. On peut penser que la boîte ne présente Rien ou rien ou l’image heureuse de la mère. On peut aussi penser que cette boîte permet de clore l’histoire et l’épisode de vie puisqu’en la refermant on tourne aussi la page douloureuse.
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Aides envisageables :
- Relever les noms des personnages et annoncer leur situation (réel, imaginaire, mort)
- Relever ce qui montre que Rien est un personnage (toujours de bonne humeur / ne dit jamais rien de méchant / on lui met une assiette pour le repas……./ il est dessiné avec un visage) . Que faut-il en penser : Représentation ? Imagination ? Symbolique ?
- Noter les relations entre Lila et Rien et leur évolution au fur et à mesure du récit.
- Réfléchir sur les relations entre le père et la fille : éloignement, vies en parallèle, approches ( regards vers le château) et retrouvailles (dans les bras). Chacun avait besoin de solitude pour faire son deuil.
- Réfléchir sur le prénom « Lila » et le lien avec l’arbre lilas
- Chercher des légendes pour les différentes illustrations ce qui permettra de relever les différentes situations évoquées dans le récit / Mettre en adéquation texte et illustration présentés séparément.
- S’amuser à chercher des expressions utilisant « rien » Revenir à l’étymologie de rien : « rem » accusatif de « res » qui veut dire « chose ». « causa » voulait aussi dire « chose ». Pour éviter un doublet inutile, « causa » a donné « chose » qui ne s’emploie qu’en contexte positif et « rem » a donné « rien » qui s’emploie en contexte négatif en gardant l’idée d ‘une quantité très petite.
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Sujets pouvant être abordés à partir de cet ouvrage :
- Quelles réactions peut-on avoir à la mort d’un proche ? Y a-t-il des réactions plus adaptées que d’autres ? Est-on toujours capable de maîtriser ses réactions ?
- A quoi peut servir un ami « imaginaire » ? Pourquoi certaines personnes ont-elles besoin de se créer un ami imaginaire ? Peut-on le garder toute sa vie ?

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